> Une sexualité en constante évolution
Inutile donc de vous dissimuler derrière les oripeaux de la vieillesse pour justifier une baisse de désir sexuel. Le problème est ailleurs. « En dehors de problèmes physiques, il n’y a pas de raison majeure que la sexualité soit moins active chez un couple dit normal, insiste Joëlle Mignot. Même si globalement, les rapports sexuels s’espacent dans un couple qui se connaît depuis longtemps. » Une tendance observable chez les couples qui durent. Mais là encore, attention aux schémas réducteurs. «Il n’y a pas de norme, chaque couple a sa sexualité et son propre rythme. J’ai vu un couple d’octogénaires qui consultait pour la première fois un sexologue parce qu’ils s’inquiétaient d’avoir des rapports plus espacés depuis un an! ».
Néanmoins, dans un couple qui se connaît depuis longtemps, la sexualité ne tient pas la même place que dans un couple récent. La lassitude et l’apathie sexuelle témoignent alors de problèmes bien plus profonds. « La sexualité d’un couple s’inscrit dans une histoire. On ne peut régler les problèmes de sexualité sans analyser la relation de couple. » Un travail de fond auquel s’attelle Joëlle Mignot en se basant sur différents éléments de la vie quotidienne, comme la communication au sein du couple, la place qu’ils occupent dans cette relation, l’objectif étant de « leur montrer que leur sexualité peut être plus souple et moins rituelle ».Une condition toutefois à la réussite de cette analyse : les partenaires doivent être tous les deux animés par la même envie de sortir des sentiers battus. « Certains vont relancer le processus de séduction quand d’autres ne vont pas vouloir sortir de leurs certitudes ».
Seulement après peut-on espérer résoudre la baisse de désir sexuel. Une baisse qui peut revêtir une signification différente chez l’homme ou la femme. « Chez la femme ménopausée, elle est souvent liée au fait qu’elle n’est plus féconde. La sexualité qui était construite sur la maternité doit alors s’orienter vers le plaisir personnel. » Chez l’homme, la baisse de libido, qui se manifeste souvent par des troubles de l’érection devra avant tout faire l’objet d’un bilan organique pour révéler d’éventuels problèmes hormonaux.
Si le bilan organique apparaît tout à fait normal, les causes sont à chercher du côté psychologique. Et là Joëlle Mignot fait face à différentes situations parmi lesquelles: « des facteurs extérieurs » comme les problèmes professionnels, la dépression ; « une fragilité narcissique » qui pourra se traduire par un besoin de plaire. D’où pour certains l’envie de se tourner vers les plus jeunes…
Reste des cas où le sexologue ne peut régler que partiellement la baisse de désir sexuel : par exemple quand le manque de désir d’un des partenaires envers l’autre traduit un désamour. Est-il encore utile de rappeler que la sexualité ne règle pas tout dans un couple et que le secret de la longévité se fonde surtout sur des sentiments réciproques ?
Troisième photo : la psychologue sexologue clinicienne Joëlle Mignot.



Un septuagénaire à l’insolite carrière
Seniorjadore