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Résumé du livre
C'est le livre de bonne foi d'un incroyant qui cherche à comprendre comment le christianisme, ce chef-d'œuvre de création religieuse, a pu, entre 300 et 400, s'imposer à tout l'Occident. A sa manière inimitable, érudite et impertinente, Paul Veyne retient trois raisons. Un empereur romain, Constantin, maître de cet Occident, converti sincèrement au christianisme, veut christianiser le monde pour le sauver. Il s'est converti parce qu'à ce grand empereur il fallait une grande religion. Or, face aux dieux païens, le christianisme, bien que secte très minoritaire, était la religion d'avant-garde qui ne ressemblait à rien de connu. Constantin s'est borné à aider les chrétiens à mettre en place leur Eglise, ce réseau d'évêchés tissé sur l'immense empire romain. Lentement, avec docilité, les foules païennes se sont fait un christianisme à elles. Cette christianisation de cent millions de personnes n'a pas fait de martyrs. Au passage, Paul Veyne évoque d'autres questions : d'où vient le monothéisme ? Faut-il parler ici d'idéologie ? La religion a-t-elle des racines psychologiques ? Avons-nous des origines chrétiennes ?
Editeur :
Albin Michel
Traduction :
Biographie de l'auteur
Issu d'un milieu populaire, qu'il définit lui-même comme "inculte", il s'éprend d'archéologie et d'histoire par hasard, à l'âge de huit ans, en découvrant sur un site celtique, proche du village de Cavaillon, une pointe d'amphore. La civilisation romaine étant, dans le milieu où il grandit, la plus connue, c'est à elle qu'il s'intéresse en particulier. La famille ayant déménagé à Lille, il fréquente assidûment les collections romaines du musée archéologique où il se fait repérer par le conservateur qui le prend sous son aile. Il affirme ne pas s'être intéressé aux Grecs ou aux Romains par humanisme, ni même par admiration particulière, mais juste par le hasard de sa découverte d'enfant.
Débarqué à Paris pour entreprendre sa khâgne, il dit avoir subi un choc devant le bas-relief célébrant la libération de la ville en bas du Boul'Mich' et s'inscrit au Parti communiste qu'il quittera quatre ans plus tard sans avoir jamais eu de véritable conviction politique.
En revanche, le mauvais traitement des colons envers les Algériens le révolte tout autant que les atrocités commises par les nazis. C'est pour Paul Veyne un nouveau choc. Mais une nouvelle fois, le choc n'est ni social ni pro-prolétarien, mais moral.
En 1975 il entre au Collège de France grâce à l'appui de Raymond Aron (alors abandonné par son ancien dauphin Pierre Bourdieu) qui veut voir en ce normalien caustique celui qui s'occupera de ses travaux après sa mort. Mais Paul Veyne oublie de citer son nom lors de sa leçon inaugurale, ce que Aron ne lui pardonne pas. "Pour Aron, ce fut un choc terrible, le signe de mon ingratitude. Et à partir de ce jour, il se mit à me persécuter après m'avoir fait élire...". Il y reste en activité de 1975 à 1998 titulaire de la chaire d'histoire de Rome. Paul Veyne vit actuellement à Bédoin, dans le Vaucluse.
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