Dans un grand duplex au cœur du quinzième arrondissement, une dame pimpante et affable me reçoit. L’esprit de convivialité et de sérénité qui flotte entre les murs met à l’aise immédiatement. La maîtresse des lieux m’invite à m’asseoir autour d’un café. C’est une femme pleine d’entrain et de bagou qui me parle alors de sa profession.
Brigitte Warnez pratique le coaching d’entreprise. Une profession qu’elle exerce depuis une dizaine d’années. A la soixantaine passée, le CV de cette working girl a de quoi en faire pâlir plus d’un. Après une longue carrière dans le marketing où elle exerce des postes à haute responsabilité dans des multinationales comme L’Oréal, ou encore Schweppes, la business woman décide de changer de cap. Elle délaisse le développement des produits pour se focaliser sur celui des personnes. Pour ce capitaine toujours resté maître de son navire, ce changement de direction s’inscrit dans le cours normal des choses: « Je me suis rendue compte que ce qui m’intéressait c’est la relation avec les gens »confie-t-elle. On est en 1987. Au monde de l’entreprise succède alors celui de la formation, moins prenant pour cette mère de deux enfants. Marketing, médiation, écoute, cette élève à la soif insatiable de connaissance apprend, se forme, se perfectionne. Jusqu’à trouver sa voie. Ce sera le coaching. A raison de deux jours par mois pendant dix mois, Brigitte Warnez suit cette spécialisation avec assiduité tout en poursuivant en parallèle son travail de formatrice. S’ouvre alors une période de véritable remise en question et d’introspection. « C’est un nettoyage au niveau personnel. On comprend mieux comment on fonctionne, explique-t-elle tout en brandissant sa « bible », un livre de Vincent Lenhardt, un des théoriciens du coaching. On apprend à prendre de la distance avec ce qui nous est arrivé. »
Le coaching d’entreprise, une pratique spécifique
Mais que signifie « coaching », ce terme aux allures sectaires ? Celui-ci revêt diverses formes. Les quidam pensent d’abord aux coach sportifs. Mais celui que pratique Brigitte est bien différent. Soit ce sont les entreprises qui lui envoient une partie du personnel pour l’aider à gérer des tâches, à « manager », et, grâce à cet accompagnement être plus performant. Soit ce sont des particuliers qui viennent d’eux-mêmes. « Les gens viennent nous voir car quelque chose ne va pas », simplifie-t-elle. Et d’ajouter : « ça peut être une personne qui manque d’autorité sur son équipe, qui est trop introvertie, qui a du mal à s’affirmer,… ».
Manque de confiance en soi, gestion du temps, de son stress… autant de problèmes auxquels un coach est confronté de la même manière qu’un psychologue. Pourtant Brigitte Warnez récuse cette assimilation assez partialement. « Contrairement à la psychanalyse, on travaille sur une situation concrète dans un contexte précis. On ne donne pas de conseils et notre intervention est plus cadrée dans le temps.» Autrement dit, à un problème donné, la personne doit se fixer un objectif. « Le coach va lui apprendre comment atteindre son objectif et s’il est réalisable ». Comment ? Le coach a plusieurs cordes à son arc. Brigitte connaît et utilise diverses techniques. La dernière en date, « la technique des pratiques narratives ». Mais l’arme la plus redoutable du coach reste les questions. Pas de conseils, juste des questions. « Toute la subtilité du coaching c’est la question qu’on pose, explique la spécialiste. A travers des types de questionnement, on va faire émerger la vision du monde de la personne.»
« Garder un œil ouvert et bienveillant »
Au premier abord rien de bien sorcier. Pourtant tout le monde ne s’improvise pas coach d’entreprise. L’écoute et l’observation ne suffisent pas. Parmi les qualités requises : « avoir suivi une formation (même si la profession n’est sanctionnée par aucun diplôme) ; de l’expérience professionnelle ; savoir se remettre en cause ; être flexible et savoir s’adapter aux autres ; être disponible, ...». Autre condition, l’âge : « avoir au moins 35-40 ans. Si on est trop jeune, les clients ne nous font pas confiance. »
Brigitte aime user de la métaphore pour définir son métier. « On est comme un ethnologue qui essaie de comprendre les mœurs d’un peuple. » Un des principes fondamentaux et une des difficultés de la profession est de rester neutre. « Avec l’âge j’essaie de développer ma non subjectivité », assure la professionnelle l’air jovial. A force de coacher, cette femme dynamique a fini par intégrer une hygiène de vie tirée de ses enseignements. Des préceptes auxquels elle tient. Un regard sur le monde qui l’entoure. « Ce qui m’intéresse le plus, c’est voir comment le monde évolue et se rendre compte que tout n’est pas négatif. » Le coaching serait-il un gage de sagesse ?


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Seniorjadore
par Danielle Korkos - le 02/01/2008
J'ai bien aimé l'interview de la coach. Serait-il possible d'avoir des exemples concrets?
merci