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L’œil du recruteur au service des cadres en mal d’emploi

Jean-Patrick Haubert est coach, formé au Cnam et dirigeant du cabinet Cohérence 5. Il intervient également en tant que consultant extérieur au sein de l’IFPC à Bois-Colombes (92). Il accompagne des cadres seniors demandeurs d’emploi.

Sa mission : les aider à retrouver un emploi.



« Le travail est comme un grand manège. Un jour vous en êtes éjecté et tout d’un coup, vous perdez vos repères. Car la société nous a formés à travailler mais pas à réagir face à la perte du travail. Nous en tant que professionnels essayons de redonner l’élan nécessaire pour vous aider à remonter sur le manège.» Faute de pouvoir donner une définition intangible de sa profession, Jean-Patrick Haubert préfère user d’une métaphore. Un moyen d’imager un métier aux contours assez flous dont la réalité est souvent tronquée par une popularité médiatique.


Ce métier c’est celui du coaching. Oubliez l’image de l’entraîneur sportif obnubilé par les performances de son élève. Ici on ne parle pas d’objectif à atteindre mais plutôt de réalisation de soi. La mission de Jean-Patrick Haubert endossée depuis plus de deux ans maintenant, consiste à redonner confiance et une estime de soi à ces « éjectés du manège » de l’emploi. Comment ? « En identifiant avec le coaché les blocages et les freins au retour à l’emploi pour ensuite mieux les lever. » Une démarche à visée professionnelle mais intimement liée avec le « moi »profond de la personne.


« La perte de l’emploi est un vrai catalyseur »


Les blocages au retour à l’emploi. Comme une épée de Damoclès qui menace de s’abattre sur votre tête à la première opportunité d’embauche ou encore un boulet que vous traîneriez avec vous.

Pour que le chômeur parvienne à s’extirper de ce carcan pernicieux, le coach est formel : une prise de conscience s’impose.

Pour cela, il faut remonter aux origines de cet inconsolable traumatisme. Un traumatisme qui n’émane pas tant du chômage en lui-même que de la façon dont on est sorti de l’entreprise. Ce choc émotionnel présente des symptômes bien connus mais trop peu considérés : perte de repères, sous-estime de soi, dévalorisation personnelle. Une enclume de fragilité dont le poids écrasant ne peut que dissuader les employeurs lors d’un entretien.


L’enjeu est donc de taille : se reconstruire pour être « prêt à se repositionner sur le marché de l’emploi », explique le coach avec force conviction.

Mais pas question d’aller au combat sans fourbir ses armes. Des armes plus personnelles que techniques comme tient à le souligner ce coach le regard plein de bonhomie. « On n’est pas dans la technique. On n’a pas de méthodologie donnée. Nous allons travailler avec le coaché sur la réappropriation de son univers personnel. » Le travail est centré sur le demandeur d’emploi lui-même et son savoir-faire. « A la fin de l’accompagnement, ils sont capables de parler d’eux-mêmes et de leurs compétences en toute liberté. »

Bien plus qu’une liberté, une crédibilité recouvrée auprès des employeurs, qui s’acquiert progressivement. « Un travail de petits pas » comme le qualifie Jean-Patrick qui aime à rappeler tel un leitmotiv que « chaque individu est unique ».






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