Le CDD senior a un an. Un triste anniversaire que s’est bien gardé de célébrer le gouvernement. Cela fait un an qu’il est entré en application … et à peine une vingtaine de contrats ont été signés par les employeurs. Des résultats loin d’être à la hauteur de l’objectif ambitieux que s’étaient fixé les politiques. Le CDD senior était en effet annoncé comme LA mesure phare du gouvernement Villepin pour s’attaquer au problème de l’emploi des plus de 57 ans.
Seulement voilà. Aujourd’hui le remède miracle à l’un des grands maux de la société française qu’est le chômage des seniors semble avoir été tué dans l’œuf. Et la majorité des soixantenaires serait bien en peine d’expliquer le principe d’un tel contrat face au peu de communication qui en a été fait.
Ce CDD senior c’est quoi au juste ?
Il est destiné aux 57 ans et plus inscrits comme demandeurs d’emploi depuis plus de trois mois ou en convention de reclassement personnalisé. Ce contrat à durée déterminée s’étend sur une période de 18 mois renouvelable une fois, soit une durée deux fois supérieure à celle d’un CDD normal. Cette mesure avait pour ambition d’insuffler une vague d’embauches au sein de la classe d’âge des 55-65 ans, négligée par les entreprises. L’objectif étant par la même occasion de mettre un terme à la politique de pré-retraites, de mises en invalidité et de licenciements à laquelle ont trop souvent recours les chefs d’entreprise.
Une gageure pour la France
Passé un certain âge, on a tôt fait de vous considérer comme «inefficaces», «obsolètes», «incompétents». Des qualificatifs durs à entendre mais révélateurs d’une situation bien réelle. Ces « parents pauvres de l’entreprise », pour reprendre une expression de Serge Guérin, (auteur avec Gérard Fournier de « Manager les quinquas », editions d’Organisation) ne parviennent pas à conserver leur crédibilité aux yeux des chefs d’entreprise qui préfèrent s’en débarrasser. Un symptôme typiquement français quand on sait que le taux d’emploi des 55-65 ans ne franchit pas la barre des 38%, l’un des plus bas d’Europe. Ce chiffre est un véritable pied-de-nez à la directive européenne de 2000 sur l’égalité de traitement en matière d’emploi et de travail presse qui interdit la discrimination sur l’âge.
Si le message est passé chez les politiques et que les mesures en faveur de l’emploi des seniors marquent une volonté de s’aligner sur les autres pays européens, il n’en va pas de même du côté des employeurs.
A l’heure où le gouvernement entend prendre à bras le corps la réforme des régimes de retraite et a fortiori résoudre le problème du financement de la branche retraites de l’assurance maladie, la question reste entière : comment renouer le dialogue entre des seniors désireux de travailler et des chefs d’entreprise frileux ?
SeniorJadore assistera à la conférence du chef de l’Etat au Sénat mardi 18 septembre 2007, et nous n’hésiterons pas à vous faire savoir si ce sont des effets d’annonces ou de réelles évolutions.


Emploi des seniors : la France, cancre de l’Union européenne
Seniorjadore